1er BATAILLON D’ARTILLERIE MIXTE : Retour sur une campagne de tirs bien remplie

Le renforcement de l’opérationnalité du corps par l’organisation des campagnes de tirs aux armes collectives et individuelles est une priorité pour le Commandant du 1er Bataillon d’Artillerie Mixte.

La météo est plutôt clémente, en ce petit matin d’avril 2017. Il est 05h30. Officiers, sous-officiers et militaires du rang ou canonniers sont rassemblés sur l’esplanade de l’armurerie, en tenue de combat, regards francs, armes légères en port tactique. Ils sont présentés par l’adjudant de batterie au Capitaine, Commandant la 911ème batterie sol-sol équipée de mortiers de 120mm. Après avoir pris son commandement et adressé son propos liminaire à la troupe, le Commandant de batterie présente les personnels au Chef de corps. Ce dernier s’adresse à la troupe, vérifie que le moral des personnels est haut, s’assure que les différentes coordinations ont été faites entre chefs de services – chef poste médical, chef garage, sous-officier tirs armement et munitions, officier d’ordinaire pour le bon déroule- ment d’une campagne de tirs aux armes individuelles et collectives. Le Chef de corps remet ensuite le commandement au Commandant de batterie. Il rappelle la mission de la batterie – reprise dans son ordre initial transmis, la veille, aux différents chefs de pelotons et chefs d’équipes d’artillerie – devant une centaine de soldats motivés, rom- pus à la tâche : « notre batterie, la 911ème batterie appuiera le 9ème Groupement Tactique Inter-Armes (GTIA) engagés dans une action offensive entre la Route Nationale Inter Etat n°2 (RNIE2) et le village de Za-Kpota à l’Est. Notre batterie se tiendra prête à neutraliser ou éventuellement détruire les sections d’infanterie ennemies engagées dans une reconnaissance offensive dans notre secteur ».
A 05h45, les personnels militaires embarquent dans trois camions de transport de troupe. Les matériels – obus de 120mm à propulsion additionnelle, munitions de tout genre, goniomètre boussole, pelles, pioches, GPS, tableau blanc et papiers padex, … – prennent place dans un camion logistique. La colonne de véhicules s’ébranle ensuite en direction de Dan et Set- to, respectivement à trente cinq et cinquante-cinq km au nord de Cana dans une zone d’exercice également occupée et surtout convoitée par une population imprudente et téméraire et où s’installent des sociétés civiles de concassage de rochers, réduisant les aires de manœuvres militaires.

MISE EN BATTERIE DES PIECES
Après quarante cinq (45) minutes de route, les camions de transport de troupe qui tractent quatre (04) pièces de mortier de 120mm s’immobilisent à Avokanmey, village de l’arrondissement de Setto. Les équipes de pièces débarquèrent sur ordre des chefs de pièces. Y débarquent aussi l’Equipe de Préparation de Tirs (EPT), l’Equipe de Reconnaissance et de Topographie (ERT), les équipes de sauvegarde et d’autodéfense.
L’ERT effectue des travaux topographiques préparatoires en prélude à la mise en batterie des pièces. Elle s’assure que les mortiers de 120mm, qui pèsent près de trois cents (300) kg sont positionnés à leur emplacement prévu par la ligne de feux et sont ensuite mis en batterie – prêts pour le tir – dans le gisement de surveillance, c’est-à-dire la direction générale de l’ennemi.
L’EPT, après acquisition d’objectifs à traiter par l’Equipe de Liaison et d’Observation (ELO) et la demande de tirs d’appui faite par elle, intègre le bulletin météorologique – seulement valable pour quatre heures de temps après sa réalisation par les services météorologiques – et traduit les don- nées topographiques en éléments initiaux – hausse en portée, dérive en direction et charge – pour que l’obus, sorti du tube canon, atteigne sa cible située à plus de dix km du mortier.
L’ELO se trouve avec le Commandant du GTIA et son chef est le conseiller feux du Commandant. Il établit les demandes de tirs transmises aussitôt à l’EPT.
A 06h50, les pièces sont mises en batterie. Tour à tour, chefs de pièces, chefs de pelotons, directeur d’exercice, officier de sécurité des tirs, Commandant de batterie et Chef de corps vérifient l’orientation des pièces, les différents dossiers d’exercice, le travail technique de l’EPT, la présence des équipes de sauvegarde et d’autodéfense, celle du chef poste médical, celle du sous-officier TAM. Enfin, le Commandant de batterie effectue un « radio check » avec l’ELO – ligne 1 – avec l’EPT – ligne 2 – et vérifie la qualité de la communication entre les chefs de pelotons et les chefs de pièces.
A 07h00 et à tour de rôle, de la droite vers la gauche, chaque chef de pièce annonce à l’EPT : « pièce X prête ». Au Commandant de batterie de rendre compte à son tour au Chef de corps que la batterie sol-sol est prête pour le tir d’appui aux unités d’infanterie.

MISE EN PLACE DES TIRS
Située dans les voisinages des objectifs ennemis, l’ELO, à 07h05 envoya à l’EPT, la première demande de tir de la journée. Les données de l’objectif sont transmises sur la ligne n°1. Aussitôt, l’EPT se saisit du dossier de tirs, s’appuie sur les tables de tirs et le bulletin météo, calcule les éléments initiaux qui sont aussitôt transmis au Chefs de pièces et collationnés par ces derniers sous l’œil attentif des Chefs de pelotons et sous le contrôle de l’officier de sécurité des tirs.
Un coup de réglage quitte la pièce directrice trois (03) minutes après l’envoi de la première demande de tirs. Juste après le départ du coup, l’EPT annonce à l’ELO : premier coup parti ; temps de vol, cinquante et cinq secondes. S’ensuivirent trois (03) autres tirs de réglage qui ont abouti à la mise en place des tirs d’efficacité. Et l’objectif, une section ennemie est détruite avec une vingtaine d’obus tirés à une distance de tirs de 11.850 km. D’autres missions feux se suivent durant le reste de la matinée, mais ne se ressemblent pas par le type de fusée utilisée, la distance de tirs, la description de l’ennemi, les perturbations aérologiques du moment, etc. Chaque mission de tirs se termine par un bon tir d’efficacité avec neutralisation ou destruction de l’ennemi.
Le stock d’obus étant épuisé, le tir au mortier de 120mm prit fin vers
11h00 après avoir traité cinq objectifs ennemis dans le cadre d’une mission d’appui feu au profit du GTIA. Reste pour les canonniers à effectuer les différentes opérations de sortie de batterie, dépolluer partiellement le terrain, et se réorganiser pour le tir avec les mitrailleuses anti-aériennes, suivi du tir avec les armes légères.

AUTRES TIRS DE LA JOURNEE
Dans le souci de rendre les canonniers polyvalents, les personnels de la batterie effectueront à partir de 12h00 sur le polygone de tirs de Dan, des séances de tirs avec mitrailleuses anti-aériennes, armes d’assaut, armes de poing et armes antichars. Ces tirs qui durent toute l’après-midi sont conduits par les instructeurs spécialistes de l’arme- ment sol-air ainsi que leurs collègues instructeurs formés dans le concept Instruction Sur le Tir de Combat (ISTC). Un tir de nuit avec armes d’assaut, à partir de 19h, mettra fin à cette campagne de tirs organisée sur instructions du Chef d’Etat-Major de l’Armée de Terre et en accord avec les instructions de l’Autorité contenues dans le plan d’actions au titre de l’année 2017.

REPAS DE COHESION AUTOUR D’UN FEU DE CAMP
Pour terminer la journée en apothéose, le Chef de corps a offert aux personnels de la 911ème batterie deux (02) méchouis afin de raffermir la cohésion entre canonniers et créer, au milieu d’activités intenses, des moments de réjouissance. La soirée a été marquée par des animations culturelles, danses, contes, au milieu d’un feu de camp qui s’est éteint par la fatigue des personnels aux environs de 03h du matin.
Le lendemain, ces militaires retrouvent leurs véhicules, embarquent le matériel et regagnent le site de Cana où, toute la journée durant, ils procèderont à l’entretien du matériel individuel et collectif avant leur réintégration dans les structures compétentes et avant de bénéficier d’un (01) jour de repos compensateur après tant d’efforts tendus et inlassables déployés en campagne dans la recherche de l’efficacité et de la performance. Plus que par le passé, ces canonniers savent qu’ils devront suivre une instruction militaire et professionnelle spécialisée de bonne qualité afin d’améliorer, par leur performance, les capacités opérationnelles de leur jeune unité créée en 2001.