COMMÉMORATION DU 16 JANVIER 2017 : L’Armée béninoise se souvient de ses martyrs

16 janvier 1977-16 janvier 2017. Quarante ans après l’agression mercenaire contre le Bénin, les autorités militaires et civiles ont honoré la mémoire des vaillants combattants morts les armes à la main. C’était à la place de Souvenir, ex-place des martyrs à Cotonou ce lundi 16 janvier 2017.

Hommage militaire. Traditionnelle cérémonie de dépôt de gerbe au pied du monument aux morts. Sonnerie aux morts, puis une minute de silence. Exécution de l’hymne national. Voilà l’acte 1 qui a marqué la commémoration du 16 janvier 1977 au Bénin. Quarante ans après cette agression, la douleur est toujours vivace dans les mémoires.

Les autorités béninoises n’ont pas manqué de donner un élan de solennité à cette célébration. Ce matin du lundi 16 janvier 2017, à 8h 29mn, place du Souvenir, le Ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de la Défense, en compagnie du Chef d’Etat-Major Général des Armées, le Général Laurent AMOUSSOU, et le Préfet du département du Littoral, Modeste TOBOULA ont honoré la mémoire de la dizaine de soldats tombés les armes à la main dans l’agression qu’a connue le Bénin en janvier 1977.

Le patron de la Défense Nationale, a déclaré aux journalistes que ce qui s’est passé le 16 janvier 1977 au Bénin et précisément à Cotonou est très difficile à supporter. Selon lui, les faits sont douloureux mais aussi glorieux.

En saluant les parents des victimes, il a indiqué, par ailleurs, que l’on doit être fier d’avoir donné du sang pour la patrie. Il a exhorté enfin chacun «à s’en servir pour continuer la marche victorieuse de notre Peuple».

Joyeuse, Delphine TOSSOU, fille aînée de l’Adjudant Mathieu TOSSOU, l’un des martyrs du 16 janvier 1977, a exprimé pour sa part, sa surprise du nombre impressionnant des participants à cette commémoration, comparativement aux hommages passés. Elle a exhorté le public à marquer davantage leur attachement aux martyrs, qui ont versé leur sang pour la patrie. Elle s’est insurgée enfin contre le changement du nom de l’unique place, mémoire de cette agression. Elle préfère que cette place soit dénommée Place des martyrs et non Place du souvenir.

A l’issue de la cérémonie de dépôt de gerbe, l’acte 2 est consacré à la rencontre des membres de la famille des victimes et des militaires retraités de l’armée béninoise au mess des officiers. Ce fut un moment de convivialité et de retrouvailles entre les frères d’armes.

Pour faire œuvre utile à la nation béninoise, l’Acte 3 de la commémoration des quarante ans de l’agression du 16 janvier 1977 a fait place à une séance de don de sang. C’est le 1er Bataillon d’Intervention Motorisée (BIM) qui a servi de cadre à cette manifestation. Toutes les garnisons du Bénin ont participé à l’opération conduite par la Direction de Service de Santé de l’Armée en partenariat avec le Centre national de transfusion sanguine.

ENCADRE : L’opération « Crevette » a échoué à Cotonou

Il y a quarante ans, le Bénin a été envahi par une bande de mercenaires dirigés par le Français Bob Denard. Il s’agit d’un coup d’Etat monté depuis l’extérieur pour renverser le régime du général Mathieu Kérékou. Mais il avait lamentablement échoué. Lors de cette agression plusieurs martyrs avaient été dénombrés. Pour mémoire, on peut citer : l’adjudant Tossou Mathieu, le soldat de 1ère classe Alassan Kassim, celui de 2ème classe Lassissi Yessoufou, Abiodoun Basile, Comlan Sylvain, Toto Paulin et Dabapa Pascal.

L’histoire raconte qu’au petit matin de ce 16 janvier 1977, aux environs de 7 heures, un petit avion de type Dc7 équipé de turbo propulseurs a atterri sans autorisation à l’aéroport international de Cotonou et a débarqué un groupe de mercenaires, conduit par Bob Denard qui, aussitôt ont pris le contrôle des points stratégiques de la ville de Cotonou.

L’objectif était de s’emparer rapidement du Palais de la Présidence de la République, principale cible. Mais suite à l’appel du Lieutenant Colonel Mathieu Kérékou, Président du Comité Central du Parti de la Révolution Populaire du Bénin, Président de la République, les populations de Cotonou, voire de l’intérieur du pays sont sorties nombreuses, hérissant des barricades pour combattre les agresseurs.

La riposte militaire a été telle, qu’après plus de deux heures de combat, le Dc7 a précipitamment décollé de l’aéroport, laissant des mercenaires, des cadavres, des matériels de guerre, des munitions d’origine française, américaine, marocaine, belge, ainsi que des documents précieux qui donnent d’amples détails sur les commanditaires.

Au total, sept Béninois ont péri dans cette tragédie dont six militaires et un civil. En l’honneur de ces sept martyrs, qui ont eu droit à des obsèques nationales le mardi 1er février 1977 au Stade Omnisports de Cotonou, un monument a été érigé, le monument de la Place des Martyrs à Cadjèhoun. Il a été réalisé avec l’appui de la République de Corée et inauguré le 16 janvier 1979.

Le français Bob Denard qui a dirigé l’opération « crevette » du 16 janvier 1977, s’est éteint le samedi 13 octobre 2007 à l’âge de 78 ans.

Source : Archives Nationales