CULTURE MILITAIRE : ORIGINE DES 21 COUPS DE CANON

Autrefois, ce symbole n’était pas seulement destiné à l’intronisation du nouveau président de la République ou à la célébration de la fête nationale…

L’origine de ces honneurs est sans doute à chercher dans le « salut à feu » au 14ème siècle qui consistait à tirer sept (07) détonations d’artillerie des vaisseaux de guerre arrivant dans un port étranger, montrant ainsi une attitude non belliqueuse en vidant ses canons. Le port répondait alors par 7 coups de canon, pour signifier l’autorisation d’entrer dans le port.

Le chiffre 7 a été choisi par rapport à sa signification religieuse et astrologique dans le monde judéo-chrétien (Dieu créa le monde en sept jours). En effet, la religion avait une très forte influence à cette époque.

On connaît les rivalités amicales qui existent entre les différentes composantes des armées, notamment entre la marine et l’armée de terre. La marine narguant régulièrement l’armée de terre, cette dernière voulut montrer sa puissance et sa supériorité. Ayant un stock de poudre et de boulets de canons plus important que celui de la marine puisqu’elle n’avait aucune contrainte logistique comparée aux marins qui devaient limiter leur poids à emporter, l’armée de terre adopta le salut des bâtiments de guerre, mais au lieu de tirer 7 coups en réponse, elle multiplia par trois ( 3, autre symbole religieux) le nombre de coups, ce qui donna (7 x 3 =) 21 coups de canon, alors que la marine n’en tirait que 7.

Ce salut protocolaire fut adopté officiellement en 1842 en France, pour les autorités civiles et militaires, et pour le 14 juillet. 101 coups de canon pour le président de la République (c’est-à-dire une « multitude de coups +1», soit 100 coups plus 1 !), 19 coups pour le ministre de la guerre ou de la marine et les généraux, et ainsi de suite (en decrescendo) selon le statut des hôtes. Les USA adoptèrent ce cérémonial en 1875. 101 était également le nombre de coups de canon tirés pour annoncer la mort d’un souverain bien avant le 14ème siècle.

Toutefois, le dernier souverain à avoir été salué par 101 coups de canon en France, fut la reine d’Angleterre accueillie par le président René Coty en avril 1957. C’est le général de Gaulle qui fit passer le protocole pour les chefs d’Etat de 101 à 21 coups.