Exercice « Djidjoho » : Près d’un millier de soldats pour sécuriser les frontières du nord-Bénin.

             Depuis ce jeudi 18 avril 2019, l’armée béninoise a déclenché une opération de grande envergure dans la zone frontalière avec le Burkina-Faso, un pays voisin confronté à des attaques terroristes ces dernières années. Objectif : identifier puis neutraliser toutes les forces hostiles présentes dans la région. 

               En réponse aux menaces djihadistes à ses portes, le Bénin sort l’artillerie lourde. Près de mille soldats, déployés dans la zone frontalière avec le Burkina-Faso, une région que plusieurs sources sécuritaires soupçonnent d’abriter des djihadistes en fuite de ce pays voisin. Baptisée « Djidjoho », cette opération de grande envergure, prévue pour se dérouler dans les parcs W et Penjari, vise prioritairement à localiser d’éventuelles forces hostiles et à les neutraliser. De sources militaires, l’objectif  des autorités gouvernementales est d’empêcher, par tous les moyens, de présumés djihadistes à agir sur le territoire béninois.

Cette mission, initiée sur de fermes instructions du Président Patrice Talon, par ailleurs chef suprême des armées, participe au renforcement de la sécurité des zones frontalières de la partie septentrionale du pays. Elle s’inscrit indubitablement dans le cadre des actions de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Et selon une source proche de l’Etat-major général des Forces armées béninoises, « la mission évoluera sur le terrain au rythme des renseignements recueillis ».

En réalité, informe un haut gradé de l’armée béninoise, la traque aux djihadistes avait commencé depuis l’année dernière. Des actions concertées entre les différentes forces de défense et de sécurité avaient été menées en toute discrétion sur le terrain. L’étape de l’opération « Djidjoho », mentionne-t-on au ministère de la défense, reflète la montée en puissance de la chasse aux djihadistes. C’est ce qui explique d’ailleurs aujourd’hui le déferlement des militaires dans les régions frontalières du nord-Bénin.

Tout est parti de l’opération « Otapuanu », déclenchée le 8 mars dernier par les autorités militaires burkinabè pour sécuriser les régions est et centre-est du Burkina-Faso, cible de plusieurs attaques terroristes ces dernières années. Traqués de toutes parts par l’armée burkinabè, les djihadistes pourchassés auraient trouvé refuge dans les zones frontalières avec certains pays voisins dont le Bénin. Informé d’une éventuelle présence de djihadistes sur son sol, le gouvernement béninois a préféré joué la carte de la prévention en ordonnant le ratissage et le nettoyage des régions ciblées.

Quelques pays de la sous-région avaient pris aussi des mesures sécuritaires pour parer à toutes menaces terroristes à leurs frontières avec le Burkina-Faso. C’est ainsi que le Togo avait positionné à ses frontières du nord son armée, tandis que le Niger avait décrété l’état d’urgence dans la zone frontalière avec le Burkina. Quant aux autorités gouvernementales ghanéennes, elles ont instruit leurs forces de défense et de sécurité à plus de vigilance aux postes frontaliers.